ALGERIE : L’HEURE DU CHOIX

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ALGERIE : L’HEURE DU CHOIX

ALGERIE : L’HEURE DU CHOIX

Pour de nombreuses entreprises françaises exportatrices, les nouvelles orientations productives du gouvernement algérien résonnent comme un encouragement au partenariat et à l’implantation durable. Et face à la concurrence, le facteur temps s’annonce stratégique…


UN NOUVEAU PARADIGME
L’économie algérienne de 2018 n’a plus les contours de la décennie 2004-2014 ; après dix années de conjoncture favorable aux hydrocarbures, l’inversion des courbes sur le baril de pétrole en 2014 a fait prendre conscience aux autorités de la dépendance dans laquelle s’enfermait leur pays vis-à-vis de la manne pétrolière. 96% des recettes d’exportations, 40% du budget de l’Etat, 30% du PIB… le changement de paradigme devenait impératif.

« Depuis 2016, le gouvernement a fait le choix d’une diversification des activités, explique Dominique Boutter, directeur de Business France en Algérie. L’industrie, l’agroalimentaire, les biens de consommation, la santé… ce sont autant de secteurs qui ont fait l’objet d’une politique de soutien privilégiant la production nationale. »
Avec pour résultat immédiat un coup de frein sur les importations de certains produits (produits agroalimentaires transformés, mobilier, produits d’hygiène…) - même si celles-ci se maintiennent à un niveau élevé de 40 milliards de dollars par an. « L’Algérie ne rompt pas brutalement les relations commerciales. Mais elle invite les entreprises qui y exportent à repenser leur modèle de coopération sur le long terme. Avec pour pierre angulaire une démarche partenariale. »


DES OPPORTUNITÉS DE PARTENARIATS PRODUCTIFS
Car en parallèle de ce mouvement de diversification « Algeria first », le pays a vu monter depuis quinze ans une classe active d’investisseurs privés algériens. Expérimentés, entrepreneurs, disposant de capitaux importants, ceux-ci se montrent particulièrement intéressés par les savoir-faire étrangers et la concrétisation de partenariats productifs. Les Rencontres Algérie 2018 organisées par Business France à Paris le 21 juin prochain témoignent ainsi de cet enthousiasme : « Nous avons la confirmation que plus d’une centaine d’entrepreneurs algériens fera le déplacement pour rencontrer les entreprises françaises, confirme Dominique Boutter. En matière de relation commerciale, c’est un signal fort auquel nos entreprises ne devraient pas rester insensibles… ».

Car les entreprises françaises bénéficient en Algérie d’une antériorité de marché et d’une compréhension culturelle et linguistique qui leur amènent souvent les faveurs des entrepreneurs locaux. La France était jusqu’en 2012 le premier fournisseur de l’Algérie (dépassée ensuite par la Chine) et reste le premier investisseur hors hydrocarbures. 450 entreprises sont actuellement installées sur le territoire algérien, générant pas moins de 40 000 emplois directs. Un mouvement appelé à s’intensifier : « Pour les PME et ETI françaises qui exportent en Algérie et qui se posent la question de la poursuite de leur relation commerciale dans ce nouveau contexte productif, l’implantation est une option de présence clairement identifiée et encouragée. »

Certains grands comptes comme Renault (à Oran) ou Sanofi (implantation en Algérie de la plus grosse unité de production du groupe en Afrique et au Moyen Orient) servent ainsi de locomotive mais le train avance encore trop lentement : « Certains concurrents commencent à se positionner pour tirer profit de ce nouveau paradigme » prévient Dominique Boutter. « La Turquie, la Chine, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie sont sur les rangs pour disputer à la France sa place avantageuse… Et dans des secteurs comme l’automobile, la sous-traitance, la santé, l’agroalimentaire, il serait dommage de laisser passer l’opportunité d’une démarche partenariale ».


LES (NOMBREUSES) PROMESSES DU MARCHÉ ALGÉRIEN
Car l’Algérie mérite que les exportateurs français poursuivent leurs efforts : un taux de croissance de 3 à 3,5% (prévision 2018-19), un marché immense au niveau de vie relativement élevé (40 millions de consommateurs potentiels), une main d’œuvre formée, jeune, qui présente de nombreuses compétences techniques, des infrastructures transports / télécom / électricité / eau en plein développement – héritage de la précédente décennie – et une intégration dans les échanges commerciaux avec l’UE et les pays arabes… sans compter l’accès à des ressources énergétiques bon marché. La quatrième économie d’Afrique et deuxième économie d’Afrique du Nord (après l’Egypte) ne manque pas d’arguments pour une implantation, à deux heures de vols de nombreuses régions françaises (300 vols hebdomadaires relient entre elles différentes villes françaises et algériennes… Alger, Oran, Annaba, Tebessa, Setif s’imposant comme des pôles économiques de plus en plus reconnus).

D’autant que les années qui s’ouvrent pourraient bien voir multipliées les opportunités sectorielles pour les exportateurs français : le budget de l’Etat prévoit ainsi d’augmenter de 25% les montants programmés dans les investissements publics, notamment sur les infrastructures et l’éducation.  Avec 56 milliards de dollars pour les 4 années à venir, le secteur des hydrocarbures resterait quant à lui un important vivier de production pour les sous-traitants français implantés. Enfin, le positionnement d’Alger sur les smart cities – à travers l’organisation du sommet international sur les Smart Cities en juin 2018 - envoie un signal fort sur la volonté du pays de développer le secteur des nouvelles technologies.


L’EXPORT, UNE DÉMARCHE ACCOMPAGNÉE
« Pour des entreprises qui ont l’expérience de l’export, l’Algérie est donc un terrain fertile, confirme Dominique Boutter. Comme sur beaucoup de marchés, il faudra simplement accepter de consacrer le temps nécessaire à travailler le terrain pour espérer un retour sur investissement… ». Car l’Algérie ne se livre pas d’emblée : les arcanes administratives complexes et l’évolution constante des environnements économiques et réglementaires rendent nécessaires un accompagnement. La mise en relation avec des responsables locaux, l’échange d’information avec des experts de l’écosystème algérien ou l’entraide avec les membres de la communauté française (très active sur des groupes de réflexion sectoriels) sont autant de facteurs susceptibles d’aider l’entreprise à transformer l’essai. « Au sein du bureau Business France, nous sommes par exemple actifs pour aider sur les démarches de création d’entreprises », indique Dominique Boutter.

Les opportunités du marché algérien seront donc au programme des Rencontres Algérie 2018 organisées au siège de Business France à Paris le 21 juin prochain, en partenariat avec les principaux acteurs du monde économique algérien (FCE, Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, CEIMI) et en présence du secrétaire général du ministère algérien de l’Industrie et de l’Ambassadeur d’Algérie. Ateliers sectoriels, tables rondes et rencontres individuelles avec des entrepreneurs du pays permettront aux participants de prendre toutes les informations et les contacts nécessaires pour envisager de futurs partenariats productifs.
« Nous sommes un peu à la croisée des chemins, conclut Dominique Boutter. Poursuivre de simples partenariats commerciaux ou s’implanter localement ? C’est une vraie question de positionnement pour exploiter tout le potentiel de l’Algérie et nous savons que les entreprises françaises ne s’y tromperont pas. »


Renseignements et inscriptions aux Rencontres Algérie 2018 >> ici



 






  • Publié le 22/05/2018
  • Catégorie: Afrique